Kaamelott Livre V
Diffusait sur M6, en deux "grandes soirées", ce cinquième et avant dernier Livre soufrait de part la longueur de ses épisodes (55 minutes, format général des téléfilms français) et le changement de ton de la série (qui est sans doute exagéré par le mauvais montage du format TV français). Alexandre Astier a réussi à remédier à cela dans le coffret DVD, où il a complètement remonté la saison pour un résultat de 8 épisodes de 40 minutes (format américain, pensé comme cela dès le début par son créateur), tout en rajoutant des scènes jamais diffusées, et plus ou moins essentiel à la trame générale.
Le Livre V est sans doute le Livre le plus aboutit de la série.
Cet aboutissement passe par des changements, déjà entamé dans le Livre IV, qui font de Kaamelott une réelle série et non plus un programme court faisant office de digestif.
Tout d’abord, le format. Comme dit plus haut, le format change ainsi que le nombre d’épisodes, ce qui a permit à Astier de rajouter des scènes, coupé au montage télé, qui ajoutent en grande parties, une touche d’humour mais aussi de créer un générique enfin digne de ce nom (et plutôt sympa qui plus est). Ensuite, la musique. Déjà présentes (en petite doses, il faut l'avouer) dans les saisons précédentes, les compositions d'Alexandre Astier sont tous simplement sublime et mise en valeur par la mise en scène. D’ailleurs, ce sont, sans doute, celles les plus travaillées de la série. Autre changement aussi dans les décors. On sort enfin de l'enceinte du château pour découvrir les larges et magnifiques étendues du royaume de l'Ogre.
Bon, malgré tout ces changements, l'humour reste toujours aussi présent, peut être un peu plus subtile dans cette saison. Et là, le Director's Cut permet au créateur/réalisateur de la série d’incorporer des scènes humoristiques, qui avait sauté lors du montage télé. On a toujours des dialogues crus magistralement drôles.
Passons enfin au scénario. Celui-ci est sombre, dramatique mais surtout formidablement bien écrit et qui aborde deux thèmes, qui se rejoignent : le découragement du Roi et la paternité. Comme le dit Alexandre Astier, on arrive à un moment de la vie d'Arthur où il en a marre de ce tué la santé matin, midi et soir pour trouver un vase avec une équipe de glandus même pas capable de lire. Donc, libéré de ces fonctions de roi, la seule chose qui l'intéresse, c'est de retrouver ces enfants "cachés". Et c’est justement le découragement du Roi, traité dans la première partie, qui entraine, en quelque sorte, le thème de la paternité. Et pendant sa quête, le royaume doit retrouver une tête de gondole. Alors s'enchainent prises de pouvoirs et retournement de situations.
La paternité est abordée tout du long. (Mais pas forcément au premier plan). Ça commence avec Gauvain, fils du Roi Loth, qui doit choisir entre son père et son oncle (Arthur). Ensuite, se pose la question de l'hérité, lorsque la côte de popularité du Roi baisse. Et pendant la quête pour trouver son fils (traitement central du thème), il rencontre son propre père qu'il a abandonné depuis qu’il a pris la tête du pouvoir.
La fin du Livre, d'une très belle symbolique, est l'aboutissement d'une saison extrêmement bien réalisé et joué.
Et justement, parlons en des acteurs. A quelques exceptions, tous le casting est remarquable. Les acteurs jouent leurs rôles avec conviction ; Alexandre Astier est Arthur. Lionel Astier est Léodagan. Même les « guest-star » jouent formidablement bien. Clavier est excellent (cela doit faire des années qu’on ne l’a pas vu aussi bon dans un rôle), Chabat est à hurler de rire et Guy Bedos est magnifique en père alcoolique et abandonné.
Cette saison fait preuve d’une vraie homogénéité scénaristique et musicale et livre une très très bonne série épique et humoristique.
(PS : Sinon, le Livre VI est prévu pour mai 2009

)