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par loval » dim. sept. 06, 2009 1:46 am
Décadence de Jean-Clément Gunter (aka JCG)
J'ai sans doute vu ce soir l'un des pires films de l'humanité. Un truc pire que la famine. Un navet nanardesque made in Switzerland à base de décadence. Je vous pitche rapidement le film parce que ça vaut la peine: trois types moitié-frères, moitié-homosexuels, moitié-pédophiles vivent dans un chalet isolé et perpétuent des meurtres affreux. Un bon jour, ils tuent la mère d'un fils, et prennent le fils sous leurs ailes. Ils vont alors lui apprendre le culte de Satan, comment tuer des gens, en éprouver du plaisir et à se nourrir de chair humaine.
Décadence, c'est une expérience à vivre à plusieurs. Un peu comme lorsque l'on est bloqués dans un ascenseur pendant six heures. Tout seul, on s'emmerde vite et on perd la raison; en groupe, on délire et on rigole. Et là, le délire, c'est un film auto-financé par un boulet mégalomane, un artiste-poète refoulé qui n'a strictement aucun sens de la cinématographie. C'est cadré avec les pieds, tourné à la sauvageonne et n'importe comment. On saute souvent d'une scène à l'autre sans explication aucune, les problèmes de raccord sont légions, et tout est prétexte à des alignements de scènes de meurtres voulues choquantes et provocatrices. Mais ces dernières sont tellement pathétiques qu'elles rajoutent encore plus de comique au film, qui se noie dans un trop-plein de conneries.
Les acteurs semblent tout droit sortis du bistrot du coin, récitent leur texte avec la crédibilité d'un prêtre gigolo. Les trois protagonistes sont particulièrement ridicules: l'un semble s'emmerder sec et n'en a rien à foutre; l'autre a constamment les yeux explosés tellement qu'il est camé; le dernier - le meilleur! - s'autorise des envolées lyriques dignes du pire acteur de théâtre, essaie de convaincre l'audience en changeant de mimiques pour chacune de ses actions. Un vrai clown qui possède également les meilleurs répliques du film, dont je suis incapable de me souvenir, tellement c'était inimaginable.
Mais ce n'est pas tout! Il y a encore la musique du film qui, entre choeurs et chants, musique d'ascenseur et vieille techno toute pourrie, parsème le film et alourdit chacune de ses situations. Le meilleur reste encore le générique de fin, où l'on peut entendre le réalisateur chanter sur de la techo complètement naze "c'est la décadence décadence -dence décandence -dence!". Il faut VRAIMENT le voir (l'entendre) pour le croire.
Bref, c'est un gros bordel de n'importe quoi, entre scènes "choc" (le réalisateur s'est fait poursuivre en justice pour des scènes de pédophilie) et gore de super-marché, répliques improbables où l'on passe de vulgarité extrême à poésie et philosophie au rabais. Et les bonus des DVD montrent ce que l'on craignait: les gens impliqués sont complètement à la ramasse, coincés dans un univers parallèle où la honte et la science de l'écriture n'existe pas. On rigole mais ça reste malsain tellement c'est mal foutu.
Pour le plaisir, un exemple de dialogue: "J'aimerais être comme une étoile au lever du jour, m'éteindre et disparaître pour ne plus souffrir".
