Il y a quelques deux semaines de cela, ma môman me propose de partir quelques jours après les partiels histoire de décrocher mes yeux de geek irrécupérable de l'écran et de m'empêcher de relire mes BD pour la 846 953e fois. Chose étonnante, je suis d'accord, et nous partons donc pour une petite ville connue sous le nom d'Annecy.
Ah, Annecy... et dire que je ne te connaissais point il y a 5 jours à peine. Annecy, c'est magique, c'est magnifique. Sa végétation et sa verdure rafraichissantes, ses jolies filles et son lac bien sûr, pur et de toute beauté, bercé par des montagnes grandioses, aux courbes ravissantes et à la force inégalable. Sérieusement, cette ville est fantastique. Et pour couronner le tout, fruit du hasard et du destin, je tombe nez à nez avec un affiche du 33e festival international du film d'animation. J'ignorais que le festoch avait lieu cette semaine, et me disant que peut-être je pourrais négocier un ou deux films, j'ai mis la main sur un mini guide gratuit.
Je commence par quelques expos gratuites et faciles d'accès. 21 images de Coraline sont visibles, un historique très intéressant d'Alexander Shiryaev est proposé, et le rayon jeunesse de la bibliothèque renfermait moult informations sur la création de Bob l'éponge, ainsi qu'une salle vidéo qui passait 30 épisodes en boucle (j'en regardai un seul, par manque de temps).
Mardi soir, j'essaye de voir Roger Rabbit sur l'écran géant, mais le son explose les tympans et il pleut par intervalles réguliers. Armé de bouchons improvisés, je retourne mercredi soir devant l'écran pour voir
James et la Pêche Géante. Selick vient présenter son film en vitesse, et on a même droit à
Partly Cloudy, et je peux vous dire que la foule était plus qu'enthousiaste, une petite merveille, très drôle et très émouvant. La pluie revient hélas après 45 minutes du film, et je suis obligé de m'en retourner.
Ayant un emploi du temps vacancier plutôt chargé, je ne peux plus rien voir avant ce matin, 10h30, et le long métrage
Brendan and the Secret of Kells, de Tomm Moore. Le synopsis est simple: Brendan, un jeune moine irlandais, aide à la construction d'une muraille supervisée par son oncle, l'abbé de la communauté, qui pense ainsi pouvoir protéger les siens des envahisseurs vikings. La donne change lorsqu'un autre moine arrive au village, clamant que le salut des irlandais repose dans l'achèvement du Livre d'Iona...
Cette histoire est tout simplement sublime. Le jeune héros, qui va être entraîné dans une quête formidable, va faire la rencontre d'une fée et va devoir affronter bien des dangers. C'est une quête pour la vie, mais aussi pour l'amour, et surtout, je pense que ce film est un immense hommage aux peuples celtes (christianisés ou pas) qui ont dû subir les invasions nordiques. Certes, les vikings sont représentés de façon on ne peut plus manichéenne, mais ça sert parfaitement le propos, et la réalisation est habile et intelligente. Tomm Moore utilise en effet les ellipses et les jeux d'ombres pour créer des scènes tout bonnement superbes: les attaques barbares des vikings, l'aventure de Brendan dans la forêt, etc. Niveau graphique, j'étais sur l'arrière train tant les dessins étaient splendides. Je pense que les décors étaient minutieusement travaillés à la main, et le rendu est hallucinant. Bruno Coulais s'occupe de la musique, et sincèrement, c'est du très haut niveau: il enchaîne musique épique, folklorique (magnifique), inquiétante et intimiste. L'animation 2D est, quant à elle, très bonne.
En bref, ce film est un très joli conte, tant tant sur le fond que sur la forme, je me suis régalé.
Tout ça m'a donné envie de retourner à Annecy, et peut-être même pour le 34e festival... faut dire que l'écran géant gonflable, la pluie, la foule et les avions en papier, c'est mémorable.
